Étude de Sol G1 : Maîtriser les Risques Géotechniques Avant la Vente ou la Construction (Guide 2026)
Étude de Sol G1 : Introduction : L’Étude de Sol G1 dans le Paysage Stratégique du BTP 2026
L’étude de sol G1, définie par la norme NF P 94-500, constitue la première étape fondamentale de la maîtrise des risques géotechniques. En 2026, son rôle transcende la simple conformité réglementaire imposée par la loi ELAN pour la vente de terrains. Elle est devenue un pivot stratégique dans un secteur du BTP en pleine mutation, orienté vers la décarbonation, l’optimisation des coûts et l’intégration numérique. Cette étude préliminaire, basée sur une analyse documentaire et une visite de site, fournit un modèle géologique prévisionnel et identifie les risques majeurs comme le retrait-gonflement des argiles, les tassements différentiels ou la présence d’aléa sismique.
Dans le contexte actuel, l’impact de l’étude de sol G1 est amplifié par deux tendances majeures. Premièrement, l’impératif de décarbonation pousse les ingénieurs à optimiser les fondations, qui représentent une part significative de l’empreinte carbone d’un projet via la consommation de ciment. Une G1 bien menée permet d’anticiper la faisabilité de solutions bas-carbone, comme les fondations superficielles plutôt que des pieux énergivores, influençant ainsi le calcul du prix de revient du béton.
Deuxièmement, l’avènement du BIM (Building Information Modeling) et des jumeaux numériques transforme la G1 en une couche de données initiale essentielle. Les informations collectées (topographie, géologie locale, hydrogéologie) sont intégrées dès la phase esquisse dans des logiciels comme Revit ou Covadis. Cette intégration précoce permet de simuler les interactions sol-structure et d’orienter la conception des structures en béton, réduisant les incertitudes et sécurisant le planning et le budget du projet. Le suivi de chantier s’en trouve ainsi optimisé dès l’amont.
Étude de Sol G1 : Plongée Technique : Principes d’Ingénierie de l’Étude de Sol G1
L’étude de sol G1 est avant tout un exercice intellectuel d’ingénierie, s’appuyant sur la mécanique des sols et une méthodologie rigoureuse. Elle ne comporte pas d’investigations directes (sondages, essais pressiométriques), mais établit un diagnostic initial indispensable. Son objectif est de définir les Principes Généraux de Construction (PGC) pour se prémunir contre un risque géotechnique identifié.
Principes Physiques et Mécanique des Sols Appliquée
Bien que préliminaire, la G1 mobilise des concepts fondamentaux de la résistance des matériaux (RDM) et de la mécanique des sols. L’ingénieur géotechnicien évalue qualitativement la distribution des contraintes sous les futures fondations. Il analyse les cartes géologiques, les données de projets avoisinants et les archives pour estimer la nature des couches de sol (argiles, limons, sables, rocher) et leurs comportements potentiels.
Le risque de retrait-gonflement des argiles, par exemple, est évalué en croisant la carte d’aléa avec la nature lithologique. L’ingénieur anticipe les variations de volume du sol dues aux cycles d’humidité, qui peuvent induire des désordres majeurs sur une structure rigide. Le rapport G1 recommandera alors des principes constructifs comme des fondations profondes ancrées dans un substratum stable ou un radier général, même si le dimensionnement des semelles isolées sera affiné en mission G2.
De même, pour le risque de liquéfaction en zone sismique (défini par l’Eurocode 8), la G1 identifie la présence de sables lâches sous la nappe phréatique. Cette première alerte est cruciale et impose la réalisation d’une étude G2 approfondie pour quantifier la résistance caractéristique du sol et définir un coefficient de sécurité adéquat pour les fondations. Le rapport G1 est donc la première brique de la feuille de calcul de descente de charges.
Workflow Opérationnel de la Mission G1
Le processus d’une étude de sol G1 se décompose en phases séquentielles, orchestrées par l’ingénieur géotechnicien :
1. Phase d’Analyse Documentaire : C’est le cœur de la G1. L’ingénieur compile et analyse une multitude de sources :
– Cartes géologiques et hydrogéologiques du BRGM (Bureau de Recherches Géologiques et Minières).
– Base de données nationale des mouvements de terrain (BDMVT).
– Plans topographiques et cadastraux pour comprendre le relief et les limites de parcelle.
– Archives de projets antérieurs dans le secteur, si disponibles.
– Photos aériennes et images satellites pour une vision macroscopique.
2. Visite de Site et Analyse Environnementale : L’ingénieur se rend sur le terrain pour confronter les données documentaires à la réalité. Il observe des indices critiques :
– La topographie (pentes, talus, zones basses) qui peut indiquer des risques de glissement ou d’inondation.
– La végétation (arbres penchés, type de plantes) qui peut révéler la nature du sol ou la présence d’eau.
– Les désordres sur les constructions avoisinantes (fissures, affaissements).
– Les affleurements rocheux, les sources, les puits ou toute trace d’humidité. 
3. Élaboration du Modèle Géologique Préliminaire : À partir de la synthèse des phases 1 et 2, l’ingénieur établit une première hypothèse sur la succession des couches géologiques sous le site. Il définit les formations attendues, leur épaisseur probable et leurs caractéristiques géotechniques présumées. C’est un modèle conceptuel qui servira de base à la future interprétation d’un rapport de sol géotechnique (Mission G2).
4. Identification des Risques et Rédaction du Rapport : Le rapport G1 synthétise l’ensemble de la démarche. Il présente clairement :
– Le contexte géologique et hydrogéologique du site.
– Les risques géotechniques identifiés (argiles, sismicité, cavités, etc.) et leur niveau de criticité.
– Les Principes Généraux de Construction (PGC) : ce sont des recommandations préliminaires sur le type de fondations à envisager (superficielles, profondes), la gestion des eaux pluviales, et les précautions à prendre pour la suite du projet. Ce rapport est un document contractuel qui engage la responsabilité de l’ingénieur. Il est souvent accompagné d’un devis pour l’étude de sol G1 et les missions suivantes.
Étude de Sol G1 : Innovations 2026 et Intégration Technologique
En 2026, l’étude de sol G1 n’est plus isolée. Elle s’intègre dans un écosystème numérique et technologique qui en décuple la valeur. Les bureaux d’études géotechniques les plus performants s’appuient sur des outils de pointe pour affiner leurs diagnostics préliminaires et optimiser la transition vers les phases de conception et de construction.
L’utilisation de drones pour la photogrammétrie, par exemple, permet de générer des modèles numériques de terrain (MNT) ultra-précis bien avant l’intervention d’un géomètre. Ces données, intégrées dans des logiciels comme Autodesk Civil 3D ou Bentley Systems OpenRoads, permettent une analyse fine des pentes et des flux hydrologiques de surface, affinant l’évaluation du risque d’érosion ou de ravinement. La formation drone BTP devient un atout pour les équipes.
Bien que la G1 n’inclue pas de forages, la technologie influence déjà les recommandations. L’ingénieur, en anticipant un sol rocheux, peut orienter le maître d’ouvrage vers une budgétisation d’engins de terrassement spécifiques. Le choix entre une pelle Caterpillar avec un brise-roche hydraulique (BRH) ou une trancheuse Volvo CE est une décision stratégique qui découle des premières hypothèses de la G1. De même, un risque de sol compressible peut déjà suggérer l’utilisation future de pieux forés, impliquant des équipements de forage de marques comme Liebherr (Grues et engins de terrassement).
L’IoT (Internet of Things) commence également à impacter la G1. Des capteurs piézométriques connectés, installés sur des projets voisins, peuvent fournir des données en temps réel sur les fluctuations de la nappe phréatique. Ces informations, plus dynamiques que les cartes statiques, permettent une évaluation beaucoup plus précise du risque hydrogéologique. La G1 devient ainsi une porte d’entrée vers un jumeau numérique géotechnique, qui sera enrichi par les données des missions G2, G3 et G4, et utilisé pour le suivi de chantier avec Excel ou des plateformes plus avancées.
Étude de Sol G1 : Tableau Comparatif des Missions Géotechniques (Norme NF P 94-500)
Pour l’ingénieur et le maître d’ouvrage, il est crucial de distinguer le périmètre et les objectifs de chaque mission géotechnique. Le tableau suivant clarifie le rôle de l’étude de sol G1 par rapport aux phases ultérieures.
| Paramètres Techniques | Unité / Livrable Principal | Performance Standard (Mission G1 PGC) | Performance 2026 (Comparaison G1 vs. G2 AVP) | Impact ROI / Gestion des Risques |
|---|---|---|---|---|
| Périmètre d’Investigation | Type d’investigation | Étude documentaire, visite de site. Aucune investigation de terrain. | La G2 AVP ajoute des investigations (sondages pressiométriques, pénétrométriques) pour quantifier les paramètres du sol. | G1 : Faible coût, identifie les risques majeurs (Go/No-Go). G2 : Investissement plus élevé, sécurise le dimensionnement et optimise les coûts de fondation. |
| Modèle Géotechnique | Niveau de précision | Modèle conceptuel qualitatif (hypothèses sur les couches de sol). | Modèle quantitatif avec épaisseurs des couches, niveaux d’eau et paramètres mécaniques (Module pressiométrique E_M, Pression limite P_L). | La G1 évite les erreurs grossières de conception. La G2 permet une ingénierie de valeur (Value Engineering) en ajustant les fondations au plus juste. |
| Type de Fondations | Niveau de recommandation | Principes Généraux de Construction (PGC). Ex: « Fondations superficielles envisageables sous réserve de… » ou « Fondations profondes à prévoir ». | Pré-dimensionnement des types de fondations possibles (semelles, radier, pieux) avec estimation de la capacité portante et des tassements. | La G1 oriente la stratégie. La G2 fournit les données pour chiffrer précisément les solutions et choisir la plus rentable. |
| Aléa Retrait-Gonflement | Analyse | Identification de l’aléa (faible, moyen, fort) via les cartes nationales. | Caractérisation de l’argile (essais en laboratoire sur prélèvements : limites d’Atterberg, valeur au bleu) pour un diagnostic précis. | La G1 rend la vente possible (loi ELAN). La G2 définit les mesures constructives exactes (profondeur d’ancrage, vide sanitaire) pour éviter les sinistres. |
| Intégration BIM / Numérique | Format de données | Rapport PDF. Les données (contours, points d’intérêt) peuvent être géoréférencées pour une intégration manuelle. | Livraison de données structurées (format AGS, IFC) pour une intégration directe dans les modèles BIM (Tekla, Revit) et les logiciels de calcul de structure. | La G1 initie le dossier numérique. La G2 AVP alimente le jumeau numérique avec des données quantitatives, réduisant les erreurs de ressaisie et améliorant la coordination. |
Étude de Sol G1 : Cadre Normatif, Eurocodes et Protocoles de Sécurité
L’étude de sol G1 est encadrée par un corpus normatif et réglementaire strict, garantissant sa pertinence et la protection des parties prenantes. La maîtrise de ce cadre est non négociable pour tout professionnel du BTP.
La norme NF P 94-500 de novembre 2013 est le document de référence. Elle enchaîne et définit les missions d’ingénierie géotechnique (G1 à G5). La mission G1, dite « Étude géotechnique préalable », se divise en deux phases : G1 ES (Étude de Site) et G1 PGC (Principes Généraux de Construction). C’est la G1 PGC qui est la plus courante, car elle conclut sur les dispositions constructives à envisager.
La loi ELAN (Évolution du Logement, de l’Aménagement et du Numérique) de 2018 a rendu obligatoire la fourniture d’une étude de sol G1 pour la vente de terrains non bâtis constructibles dans les zones exposées au phénomène de retrait-gonflement des argiles (aléa moyen ou fort). Cette obligation vise à informer l’acquéreur du risque et à garantir que le futur projet de construction en tiendra compte. Le non-respect de cette obligation peut entraîner l’annulation de la vente ou une réduction du prix.
Au-delà de la loi ELAN, la G1 est la première étape de la conformité à l’Eurocode 7 (NF EN 1997), qui régit le calcul géotechnique. En identifiant les conditions de site, la G1 permet de définir la « Catégorie Géotechnique » du projet (1, 2 ou 3), qui dicte le niveau de complexité des études et des calculs à venir. De même, en cas de sismicité, elle initie la démarche de l’Eurocode 8 (NF EN 1998) en identifiant la classe de sol probable, paramètre fondamental pour le calcul des actions sismiques sur la structure.
Stratégie de Mitigation des Risques sur Site
La G1 est l’acte fondateur de la stratégie de mitigation. Elle transforme un risque inconnu en un risque identifié et qualifié. La stratégie qui en découle est simple :
1. Ne pas subir : La G1 permet d’anticiper. Au lieu de découvrir une cavité ou un sol de mauvaise qualité lors du premier coup de pelle d’une machine JCB, le risque est connu.
2. Adapter : Le rapport G1 impose de passer à une mission de conception (G2) pour définir les solutions techniques adaptées (fondations, drainage, etc.).
3. Budgétiser : En orientant vers des types de fondations, la G1 permet au maître d’ouvrage d’établir une première enveloppe budgétaire réaliste pour le lot fondations, évitant les dérives financières. Le tableau Excel de suivi de chantier peut ainsi être initialisé avec des estimations fiables.
Étude de Sol G1 : Check-list Opérationnelle du Chef de Chantier pour l’Étude de Sol G1
Pour le conducteur de travaux ou le chef de chantier, l’étude de sol G1 est un document clé à exploiter. Voici les points de contrôle critiques.
- Avant la mission G1 :
- Vérifier et garantir l’accès sécurisé à l’ensemble de la parcelle pour l’ingénieur géotechnicien.
- Compiler tous les documents existants : plans de bornage du géomètre, anciens permis de construire, plans des réseaux enterrés (ERDF, GRDF, eau).
- Informer l’ingénieur de tout historique connu du site (ancienne décharge, remblais, etc.).
- Établir un procès-verbal de démarrage de la phase d’études.
- Pendant la visite de site (accompagner l’ingénieur) :
- Signaler les zones d’humidité persistante, les sources ou les anciens puits.
- Montrer les limites exactes du projet d’implantation future.
- Indiquer les contraintes d’accès pour les futurs engins de forage (si une G2 est anticipée).
- Observer avec lui les bâtiments voisins et leurs éventuelles fissures.
- Après réception du rapport G1 :
- Lire attentivement le chapitre sur les « Principes Généraux de Construction » (PGC).
- Identifier le niveau d’aléa « retrait-gonflement des argiles ». Si moyen ou fort, s’assurer que les recommandations sont suivies à la lettre.
- Transmettre immédiatement le rapport au bureau d’études structure (Ingénieur en Structure) et à l’architecte.
- Vérifier si le rapport préconise une mission G2 AVP. Si oui, lancer la consultation sans délai.
- Archiver le rapport dans le dossier de suivi de chantier, par exemple via une application Excel de suivi de chantier BTP.
- Mettre à jour l’analyse des risques du projet et le PPSPS (Plan Particulier de Sécurité et de Protection de la Santé) en conséquence.

❓ FAQ : Étude de Sol G1
FAQ : Questions d’Experts sur l’Étude de Sol G1
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Comment une étude de sol G1, purement documentaire, peut-elle influencer le choix entre un radier en béton et des micropieux, une décision à fort impact carbone ?
- En identifiant les risques rédhibitoires pour les solutions superficielles. Bien que la G1 ne fournisse pas de valeurs de portance, elle dresse un profil de risque. Si l’analyse documentaire (cartes géologiques, projets voisins) révèle une forte probabilité de rencontrer des couches de tourbe, de vase ou des remblais hétérogènes de grande épaisseur, l’ingénieur conclura dans les PGC que des fondations superficielles de type radier présentent un risque de tassement excessif et non maîtrisable. Il orientera alors le projet vers une solution de fondations profondes (micropieux, pieux) pour atteindre le « bon sol ».
- Cette orientation précoce, basée sur un faisceau d’indices convergents, permet au maître d’ouvrage d’intégrer dès la phase de faisabilité le surcoût et l’empreinte carbone plus élevée des fondations profondes, évitant une refonte complète du projet et du budget après une étude G2. La G1 agit comme un filtre stratégique, éliminant les options techniquement irréalistes et orientant l’optimisation carbone vers les solutions viables.
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Quelle est la responsabilité juridique de l’ingénieur si le rapport G1 omet un aléa majeur (ex: cavité karstique) découvert ultérieurement en phase travaux ?
- La responsabilité est engagée au titre de l’obligation de moyens, pas de résultat. La norme NF P 94-500 définit clairement le périmètre de la G1 comme une mission d’analyse documentaire et de visite de site, sans investigations. L’ingénieur est tenu de mettre en œuvre toutes les diligences conformes aux règles de l’art pour identifier les risques à partir des informations publiquement accessibles et des indices visibles. Si une cavité non répertoriée sur les cartes et sans manifestation en surface est découverte, la responsabilité de l’ingénieur ne sera généralement pas retenue, car il n’avait pas les moyens de la détecter dans le cadre strict de la G1. Cependant, sa responsabilité pourrait être engagée s’il est prouvé qu’il a négligé une source d’information évidente (ex: un plan de prévention des risques miniers existant) ou mal interprété un indice visible sur site (ex: un léger affaissement de terrain).
- La jurisprudence tend à évaluer si un professionnel compétent et diligent, dans les mêmes conditions, aurait pu et dû identifier l’aléa. Le rapport G1 doit donc impérativement mentionner ses propres limites.
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En 2026, comment l’intégration du rapport G1 dans un processus BIM de niveau 3 modifie-t-elle sa valeur ajoutée par rapport à un simple rapport PDF ?
- Elle transforme un document statique en une base de données dynamique et interopérable. En 2026, un rapport G1 au format PDF est considéré comme une donnée « morte ».
- L’intégration BIM de niveau 3, via des formats ouverts comme l’IFC ou l’AGS 4, change radicalement la donne. Les informations géoréférencées (limites de l’aléa argileux, emplacement d’un ancien puits, zones de pente forte) ne sont plus de simples images mais des objets 3D avec des attributs. Ces objets peuvent être directement superposés au modèle architectural (ArchiCAD, Revit) et au projet VRD (COVADIS).
- Le moteur de règles du modèle BIM peut alors automatiquement lever des alertes : « Attention, fondation prévue dans une zone à risque de cavité ».
- Cela permet une détection de clashs « géotechnique vs. structure » en temps réel, bien avant la mission G2. La valeur ajoutée passe d’une simple information consultative à une aide active à la décision et à la prévention des erreurs de conception, générant un ROI significatif en évitant des modifications coûteuses ultérieures.
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Face à un sol potentiellement agressif (sulfates, pH acide), quelles sont les limites d’une G1 et quels indices l’ingénieur doit-il rechercher ?
- La G1 ne peut que suspecter l’agressivité, jamais la quantifier. La limite fondamentale est l’absence de prélèvements de sol et d’eau pour analyse chimique en laboratoire. La quantification de la teneur en sulfates (SO4²⁻) ou la mesure du pH, nécessaires pour définir la classe d’exposition du béton selon la norme NF EN 206, relève de la mission G2. Cependant, l’ingénieur G1 peut et doit identifier les indices de suspicion. Il recherche dans les cartes géologiques la présence de formations connues pour être agressives (gypse, marnes sulfatées, pyrites).
- Lors de la visite de site, il est attentif à la proximité d’activités industrielles polluantes (passées ou présentes), à la présence d’eaux stagnantes aux couleurs inhabituelles (irisées, rouille), ou à la dégradation visible des bétons sur les ouvrages voisins. Le rapport G1 doit alors explicitement mentionner ce risque de « contexte chimiquement agressif » et rendre obligatoire la réalisation d’analyses chimiques dans le cadre de la future mission G2 pour choisir la bonne formulation de béton.
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Comment une étude de sol G1 intègre-t-elle le risque de tassement différentiel, alors qu’elle ne comporte aucun calcul de tassement ?
En identifiant l’hétérogénéité du sous-sol. Le tassement différentiel est la conséquence directe d’une variation des caractéristiques du sol sous une même structure. La G1 est spécifiquement conçue pour détecter cette hétérogénéité potentielle. L’ingénieur ne calcule pas le tassement (ce qui requiert des essais oedométriques ou pressiométriques de la G2), mais il identifie les facteurs de risque. Par exemple, il superpose le plan d’implantation du projet sur la carte géologique. Si le bâtiment se trouve à cheval sur deux formations géologiques distinctes (ex: une partie sur des alluvions compressibles et l’autre sur un substratum rocheux), le risque de tassement différentiel est maximal. De même, la visite de site peut révéler une zone de remblais non contrôlés sur une partie de la parcelle. Le rapport G1 va alors cartographier ces zones d’hétérogénéité et imposer dans ses PGC des mesures pour s’en affranchir, comme la réalisation de fondations profondes homogènes ou la préconisation d’un mur de soutènement pour gérer les transitions. C’est une approche qualitative mais stratégiquement essentielle pour éviter un sinistre majeur. L’objectif est de transformer le risque en un problème d’ingénierie clairement posé pour la future étude de sol G1.
📥 Ressources : Modèle Devis Étude Sol G1 – Gratuit

Abderrahim EL Kouriani supervise personnellement l’orientation éditoriale, garantissant un contenu à la pointe des innovations techniques (BIM, RE2020) et des réalités du marché marocain et international. Sa connaissance des défis du secteur lui permet d’anticiper les besoins des étudiants, ingénieurs et professionnels.


